Les écolos, c'est rigolo
L'écologie est le dernier phénomène de société à la mode dans la politique. Il est vrai que garder la planète en état est une bonne motivation. Les quelques petits gestes de rien du tout qui permettent de respecter la Terre s'accumulent les uns après les autres et au final, si l'on est un vrai écologiste, on passe plus de temps à sauver la nature que de vivre.
L'écologie est devenu une thématique tellement forte dans la société qu'il n'est pas rare de voir des œuvres issues de la japanimation parlant d'elle. Pour ne citer qu'un cas d'écologie connu dans le milieu, on peut faire référence aux travaux de Miyazaki.
La manière d'aborder l'écologie est souvent très différente selon l'auteur et on peut considérer que ce thème est un bon vecteur d'innovation dans le domaine de la créativité. Les idées vont généralement dans le même sens mais sont exprimées de manières tellement différentes qu'il devient difficile d'affirmer que les thèses sont identiques. L'approche du problème reste pour autant toujours du même point de vue : l'humain contre la nature.
Il est assez déplorable de constater que malgré cette diversité dans l'approche sur le thème, la thèse est toujours la même et le résultat donne toujours une approche niaise de l'écologie. Pour résumer la pensée des scénaristes de ces animes, elle se limite à « La terre est belle, protégeons là coute que coute ! ».
Il est sûr que la plupart du temps, l'antithèse de l'écologie est avancée pour représenter le méchant de l'histoire. Il est aussi difficile de rencontrer un méchant qui fasse dans la demi-mesure dans ce genre d'histoire. Généralement, le vilain ne fera pas dans la demi-mesure et cherchera à détruire complètement l'élément qui symbolise l'écologie dans l'anime. Les raisons données pour ce comportement sont généralement des thématiques toujours foncièrement mauvaises dans une histoire : l'argent et le pouvoir. L'univers dans lequel vit le méchant est toujours un univers que le spectateur considérera comme invivable : industries, sans végétation... Le cliché est l'ingrédient de base de l'antagoniste principal.
On accordera à Origine (Gin-iro no Kami no Agito), le grand prix du méchant le plus foncièrement méchant avec un superbe empire au milieu d'un désert qui se déplace en train à vapeur et qui vit dans une ville tellement polluante que les habitants portent tous des masques filtrant l'air. Ajoutons à cela que le vilain agira de manière foncièrement mauvaise sans véritable raison et qu'il n'est motivé que par la destruction de la forêt.
Il est généralement difficile de trouver une demi-mesure lorsque parle d'écologie dans un anime. On se retrouve dans un combat manichéen entre le bien (les écologistes) et le mal (les pas-écolos). La seule demi-mesure est parfois le héros qui au début ne fait parti d'aucun camp. L'astuce du héros au début neutre permet de voir l'ensemble des points de vues tout au long de l'anime pour se faire un avis. Ce dernier sera d'ailleurs souvent biaisé par le fait que les méchants feront quelque chose de foncièrement mauvais à son égard tout simplement parce qu'ils sont méchants.
En fait, résumer un anime écolo est relativement facile, il suffit de suivre le plan suivant :
La nature se rebelle
L'humanité se divise (la division peut parfois se résumer à un petit groupe de rebelle face à un empire gigantesque)
Le héros arrive
Le héros visite les gentils
Le héros visite les méchants
Le héros retourne chez les gentils
Le héros sauve la nature de la destruction imminente par les méchants
Le monde est sauvé, c'est la fête.
Bien sûr ce plan n'est pas absolu et les variations sont multiples. Par exemple dans Xam'd : Lost Memories des studios Bones, le héros est chez les méchants au début et il n'a donc pas besoin de visiter les méchants au cours de l'histoire. Il viendra quand même dire bonjour au méchant une fois de temps en temps histoire que l'on voit bien que les méchants sont méchants. Oui, il faut bien insister sur le fait que les méchants sont méchants, sinon on risque d'avoir une partie du public qui prendra le parti du méchant.
D'ailleurs, un point assez rigolo dans les animes écolos c'est qu'il est très rare de voir de la pédagogie dans les épisodes. On vous expliquera généralement par un argument de puissance (c'est moi le gentil, j'ai raison) que l'écologie c'est bien et qu'il faut la pratiquer. Par contre, jamais on nous expliquera comment pratiquer l'écologie. C'est bien beau de montrer des superbes technologies qui respectent l'environnement ou des pouvoirs magiques de la nature qui permettent de vivre sans polluer mais nous dans notre bas monde, on peut pas faire tout ça. En fait la seule pédagogie écologique que l'on retient de Eureka seveN, l'anime d'écologie par excellence, c'est que le CO2 c'est pas bien (et que le corail nous enterrera).
En fait, le gros reproche que l'on pourrait faire aux animes écologiques, c'est leur manque de justification. Le méchant est juste foncièrement méchant et ne donne pas de raisons valables. Le gentil ne connait pas la demi-mesure et est prêt à vivre dans une dictature de la forêt pour le bien de l'écologie sous prétexte que ça sauverait le monde. A aucun moment cette vision monochrome n'est justifiée et c'est bien ça qui est dommage car en plus d'un potentiel artistique, ces animes gagneraient un véritable intérêt social et éducatif.
D'un autre côté, il est difficile de trouver des animes qui exposent une thèse à l'encontre de cet écologisme niais. Il y a bien eu dernièrement Shangri-La. Partant d'une vision ni complètement écologiste, ni méchant à l'extrême, l'anime partait d'un point de vue intéressant. Malheureusement, le scénario finit par ne pas exploiter le seul coté intéressant de l'histoire et nous laisse dans un mysticisme infect qui ne mérite pas le détour. On attend toujours un véritable anime qui nous montrera que l'écologie c'est bien, mais que trop d'écologie tue l'écologie et l'humanité.








