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Zero !

Continuons la séquence spéciale « Jeux et Paris » et bougeons un peu de l'univers du mahjong pour s'intéresser à un autre manga de Nobuyuki Fukumoto: Empereur du Pari Zero (« Tobaku Haouden Zero »).

Zero sauve des gens du suicide en échange de quoi il leurs demande de prêter leurs vies pour sa cause. Agissant comme un Robin des bois des temps modernes, il vole des millions à des voleurs pour les rendre aux propriétaires originaux. Malheureusement pour lui, les malfrats prennent en flagrant délit les hommes de mains qu'il avait sauvé de la mort auparavant. Partant à leur secours, il se fait lui aussi prendre la main dans le sac. En échange de sa liberté, il doit participer à un grand concours organisé par l'homme le plus riche du Japon. A l'issue de cet épreuve sera décidé qui sera l'empereur japonais du pari.

Le nom de Zero évoque pour énormément de monde le personnage issu de l'imagination de CLAMP et habilement mis en scène par Sunrise dans Code Geass : Lelouch Lamperouge. La similarité des noms des personnages entre cet anime et Empereur du Pari Zero n'est peut-être pas anodine. En effet, les deux personnages partagent de nombreuses qualités qui font d'eux des personnages intéressants : Ils sont intelligents, fins stratèges et minutieux.

Le manga ayant commencé en 2007 alors que les aventures dans la zone 11 avaient déjà démarré, il est clair que l'utilisation de ce nom par Fukumoto n'est pas fortuite. On pourrait penser que l'auteur veut montrer ce qu'aurait pu devenir le petit Lelouch si le défi était venu à lui et que le danger de mort était plus présent que jamais.

Fidèle à lui même, l'auteur aborde encore une fois la thématique du pari et de la survie dans un milieu mal famé. Hommes à lunettes noires et « Zawa » sont encore une fois de la partie. Comme chaque manga sur le pari, le scénario ne semble être qu'un prétexte pour lancer une série de paris et jeux en tout genre dont l'objectif est de trouver la faille pour s'en sortir. Ne dérogeant pas à la règle, les défis et énigmes se succèdent à un rythme relativement rapide nous faisant ainsi oublier les abominables lenteurs de Akagi et Kaiji. Ainsi en l'espace de 8 tomes, les jeux se succèdent à un rythme assez effréné. Fort de son expérience en la matière, l'auteur explique clairement et simplement les méthodes utilisées par les personnages pour s'en sortir et les solutions sont rarement des plus compliquées. Contrairement à Liar Game, on est sur une optique de pari à sens unique : le héros contre le millionnaire. De ce fait, les renversements de situation en pleine partie sont relativement rares. De plus, ce manque de communications entre les joueurs fait plus de place aux énigmes. Plusieurs jeux sont basés sur des questions dont il faut trouver la réponse. Par ailleurs, il est très intéressant de tenter de répondre à ces défis avant les héros et ceci dans le temps imparti octroyé aux personnages du manga (vivement conseillé sur l'épreuve de la pièce triangulaire).

Malheureusement pour le lecteur, la solution n'est pas toujours devinable. Des éléments ne sont parfois dévoilés qu'au moment de l'explication. Heureusement, lorsque c'est le cas, il est généralement évident pour le lecteur que l'on ne peut pas trouver la solution avant la fin du jeu.

Même si beaucoup de concessions sont faites sur le point de vue des solutions, les jeux et paris montrés restent de bons passe-temps qui nous montreront une fois de plus l'habileté de Fukumoto à dépeindre l'instinct de survie de l'humain.

Comme à son accoutumé, les dessins sont dans un style très sec et les angles sont omniprésent. Il est difficile d'adhérer au graphisme des mangas de cet auteur mais les développements du scénario et des personnages en valent la chandelle.

Comme tout ses mangas, Fukumoto les dessine par saison. La première saison est pour le moment la seule sortie et fait un total de 8 tomes disponibles en relié pour le moment qu'au japon. Il vous faudra trouver une alternative pour pouvoir profiter de ce manga assez jouissif grâce à ses innombrables défis plus déments les uns que les autres.

Ecrit par le 2010-04-12 22:27:39

ざわ... ざわ... ざわ...

Noboyuki Fukumoto est un mangaka connu en occident pour deux choses : le fait qu'il dessine dans un style très spécial et son oeuvre phare: Tohai Densetu Akagi -Yamini Maiorita Tensai- (qu'on ne va pas tarder à raccourcir par Akagi parce que c'est quand même fichtrement long comme titre).

Akagi est un jeune garçon de treize ans qui après s'être réfugié dans un parloir de Mahjong Yakuza se retrouve plongé dans l'univers impitoyable des jeux d'argents de cette mafia japonaise. Enfin... Impitoyable pour qui ? Très vite le jeune garçon se révèle être un génie du jeu, quelqu'un capable de garder son sang-froid dans n'importe laquelle des situations et battre tous ses adversaires quelque soit le pari.

Tout en somme, le scénario est simpliste et n'est vraiment qu'un simple prétexte pour faire se succéder des parties de mahjong plus impressionnantes les unes que les autres. Comme vous avez pu vous en rendre compte si vous avez lu l'article sur le mahjong, ce jeu est basé sur de la chance et de la stratégie. Autant dire que Akagi est un manga qui recherchera par tout les moyens possibles de montrer au lecteur toutes les stratégies utilisables lors d'une partie.

Énormément de notions et concepts sont passées au crible par le mangaka afin de nous montrer la richesse du jeu. On commencera simplement avec des techniques de triches utilisées afin de récupérer le jeu que l'on veut rapidement et au fur et à mesure des chapitres on découvrira comment exploiter son adversaire pour qu'il joue dans notre main.

Bien sûr, le manga reste une fiction et donc les réactions des personnages et les techniques utilisées restent trop compliquées pour être exploitées dans de véritables parties. Après tout, jamais on ne jouera toutes ses économies ou même sa vie dans une partie de mahjong.

Dans un sens, c'est à travers le mahjong que Nobuyuki Fukumoto cherche cette fois-ci à montrer l'une de ses thématiques prédominantes : l'instinct de survie ou encore « jusqu'où êtes vous prêt à aller pour survivre ? ».

C'est pourquoi dans ce manga, il ne faut pas s'attendre à voir de la joie ou de la comédie. A la place, l'auteur s'amuse avec ses lecteurs à nous faire penser que le désespoir est fini pour nous y replonger et cette fois-ci encore plus en profondeur.

On est très loin d'un éventuel Saki que l'on pourrait qualifier de shounen du mahjong. Même si les deux mangas nous montrent des mains absolument hallucinantes, Akagi se tournera vers une approche plus parieur du jeu. Très régulièrement, les mains des joueurs seront montrées et expliquées. Généralement un dilemme apparaîtra pour le personnage entre l'instinct du parieur et les probabilités. Après tout, comment peut-on calculer les chances qu'une tuile soit défaussée lorsque des facteurs humains comme les autres joueurs rentrent en jeu ?

En fait, si la plupart des gens ont regardé Akagi, ce n'est pas pour le coté mahjong de la chose, mais pour la psychologie des personnages poussée à fond. C'est l'un des rares animes où une voix off (fait par Touru Furuya (Armuro Ray, Seya, Yamcha)) peut être considérée comme un personnage tellement elle est utilisée. D'ailleurs le style très carré de l'auteur et le dessin très simplistes des expressions fait que l'on comprend facilement l'état du personnage.

Parler des expressions des protagonistes dans Akagi sans parler des ざわ(zawa) serait un crime. Zawa est une onomatopée créée par Fukumoto pour indiqué la stupeur et l'étonnement des personnages. Si un personnage fait quelque chose d'extraordinaire, inattendu ou tout simplement énorme, tous les autres présents feront des ざわ. L'expression est tellement utilisée qu'on en compte une dizaine par chapitre de 20 pages.

Comme vous devez déjà le savoir, une adaptation en anime du manga existe. Utilisant le style de Fukumoto à la perfection pour rendre l'animation simple mais efficace, l'anime marquera surtout pour ses longueur qui ressortent plus que dans le manga. Certains épisodes étant littéralement 20 minutes d'explication de la part du narrateur de la situation des personnages, le format manga était largement mieux adapté pour Akagi. De plus, Fukumoto n'ayant pas l'habitude de finir ses mangas (enfin tout du moins pour le moment), l'anime s'arrête d'une manière assez sèche en plein milieu d'une partie laissant une fin très amère. On aurait préféré que le final soit un épisode écrit spécialement pour l'anime plutôt qu'une fin aussi net qui de plus ne permet pas de suite à l'adaptation.

En parution depuis 1992 au japon, avec 22 tomes disponibles, ce seinen n'est pas disponible en dehors du japon. A moins de se rapatrier sur les moyens illégaux, il est relativement difficile de découvrir cette œuvre.

L'anime quand à lui datant de 2005 parcourt en 25 épisodes une bonne partie de ces 22 tomes mais souffre d'une fin net et qui de plus est difficilement qualifiable de fin. Comme pour le manga, introuvable pour le moment en dehors du japon.

Ecrit par le 2010-04-09 13:07:15